Une course de 30km ? Non, un trail !

21 Jan 2020 | Récits de vie | 2 commentaires

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Mais qu’est-ce que je fais là ?

Ma parole, c’est de la neige ! La pluie s’est refroidie… Je grelotte, je sens le froid qui a réussi à s’insinuer partout : d’abord les extrémités –  je ne sens plus mes doigts de pied –  les mains malgré les gants, mes épaules…Il faut que je me remette à courir pour me réchauffer, mais j’ai la sensation que tout le bas de mon corps n’est qu’une grosse douleur : mes pieds me font mal à chaque pas, j’ai les mollets et les cuisses dures, je ne peux pas courir longtemps…Ah, voilà des marches à descendre, ça va me faire du bien : horreur ! je n’arrive pas à descendre les marches normalement, je me déhanche comme Stephen Hawkins, je suis obligée de les descendre en sens inverse. Les passants des bords de Seine doivent vraiment nous prendre pour des fous, nous les coureurs/marcheurs aux tenues bigarrées car la ligne d’arrivée est invisible à cet endroit des quais de Seine, il y a bien encore 4 ou 5 km entre les quais de Boulogne-Billancourt et l’arrivée à la tour Eiffel. Et puis on fait un peu tâche, tout crottés de notre parcours dans les bois, sur ces trottoirs qui commencent à devenir blancs.

La fameuse phrase “finir au mental” prend tout son sens à cet instant. Je pense à mes enfants et mon mari qui m’attendent sur la ligne d’arrivée, mon cadeau.

 

Comment je suis arrivée là ?

J’ai toujours aimé courir, cela fait 35 ans que je cours. Certains diront après quoi ? c’est une grande question… Je suis venue naturellement au trail car ce que j’apprécie plus particulièrement ce sont les courses nature. Je suis gâtée, car là où j’habite il y a de nombreux chemins, champs et bois. Certes pas beaucoup de dénivelé car nous sommes en région parisienne, mais cela me suffit.

J’ai réalisé quelques courses nature en Essonne, tout d’abord un 10km, puis un 12, et j’ai décidé de m’inscrire au petit format de l’ecotrail de Paris, le 18 km, avec un copain habitué aux trails. Heureusement qu’il était là pour me donner ses précieux conseils, et me soutenir moralement. Forte de cette expérience j’ai enchainé quelques mois après sur un trail de 22km puis ai décidé de tenter l’année suivante le format 45 km de l’Ecotrail .

affiche ecotrail paris ile de france

 

L’Ecotrail c’est LA course de trail de la région parisienne. Bien sûr il y a d’autres courses, mais celle-ci traverse de superbes forêts comme celle de Meudon, le château de Versailles et se finit à la tour Eiffel, au 1er étage exactement pour ceux qui font le 80km (avec la montée des marches comme arrivée !).

 

Quelle préparation ?

La course a lieu tous les ans en mars, et dès septembre je me suis lancée  dans la préparation de la course. En novembre je n’avais toujours à mon actif que ce trail de 22 km, beaucoup d’entraînements,  mais rarement plus de deux sorties par semaine.

trailrunning boue forêt 24kmJe décide donc de revoir mon ambition à la baisse et de m’inscrire sur le 30 km. Je continue mon entraînement en me concentrant sur le travail en côte, mon point faible. En janvier, mon chéri et moi partons faire une course de 24km non loin des sites de l’ecotrail. C’est pour moi l’occasion de tester mon endurance et mon moral vis à vis de ma nouvelle amie : la boue ! Heureusement qu’il était là pour m’encourager car la boue empêche de pouvoir courir correctement, tous nos pas sont plus lourds, comme englués, les cuisses font un très gros travail, les sols sont glissants…

En janvier et février je participe aussi aux deux entraînements gratuits proposés par la course Ecotrail, dans la forêt de Meudon, moment très sympa car c’est l’occasion de rencontrer d’autres coureurs, d’obtenir des conseils des entraîneurs et de faire une reconnaissance de terrain (même si j’avoue que je jour de la course je n’ai rien reconnu). C’est gratuit si on s’est inscrit assez tôt. Sur chaque course, je teste également le camel-back, que j’ai rarement l’occasion de tester à l’entrainement : comment le remplir, est-ce facile courir avec ? Est-ce que j’arrive bien à boire… Je teste également les barres énergétiques, gel et boissons que je me prépare à la maison avec la gamme Beautysane.

 

La préparation mentale

J’ai bien compris dans les précédents entraînements et la course de 24km de janvier que j’aurai à faire de gros efforts vis à vis de la boue. Je pratique donc dans les 2 semaines qui précédent la course la visualisation, une technique qui me permet de me projeter mentalement dans les lieux et de vivre la course par anticipation, jusqu’à la fin, en se servant de ses 5 sens.
En mars, quelques jours avant la course, mon copain binôme de course habitué des trails m’avertit qu’il ne peut pas courir. Mon cher et tendre, qui m’a accompagnée sur ma dernière  course, me propose de m’accompagner sur celle-là aussi.

Mais je décline, je préfère la faire seule, car c’est mon challenge, mon défi et je suis déterminée à faire et terminer cette course !

J’intègre donc dans mes exercices de visualisation le fait que je serai seule. Je me vois le jour du départ, avec mes précieux écouteurs, je me vois les pieds dans la boue, engluée comme lors de la précédente course, mais je me dis que c’est seulement 6 km de plus… je me vois marcher dans les côtes pour préserver mon énergie jusqu’à la fin, m’arrêter aux ravitaillements, je ressens le froid des pieds dans l’eau, l’odeur des bois, la sueur sur mon front, puis le bitume sous mes pieds, plus dur mais qui fera du bien après la boue, et puis je vois l’arrivée aux pieds de la tour Eiffel, avec ma famille qui m’attend, fière de moi.

 

Au final…

C’était le le 17 mars 2018, j’ai adoré cette course : j’ai mis la musique dans mes oreilles -une playlist special running des années 80, les chansons des années 80 ont ce rythme qui me donne la patate. J’ai réussi à monter les côtes, souvent en marchant comme prévu, sans perdre mon souffle, à repartir en haut de chaque côte, j’ai enduré la boue, encore la boue, vraiment beaucoup, et la pluie qui ne s’est pas arrêtée et qui s’est transformée en neige un peu avant la fin de la course, ça je ne l’avais pas prévu dans ma préparation mentale !

ecotrail running 30km arrivee

Je courais, j’étais bien. Contente d’atteindre le ravito au 20e km, de me débarrasser de la boue au 23e km, mais finalement le plat du bitume est arrivé alors oui c’était sympa de courir sur les berges de Seine mais j’ai déchanté car courir sur le bitume m’a complètement démoli le dos, avec mes baskets adaptées aux chemins, j’avais mal aux mollets, je n’en voyais pas la fin, j’avais consommé toutes mes barres énergétiques et gel faits maison.
J’avais très mal aux pieds donc je me suis mise à marcher mais j’avais aussi très froid car la pluie avait transpercé toutes mes couches de vêtements, donc je me suis remise à courir pour me réchauffer… À ce moment-là il n’y a que le moral qui tient, car je savais qu’à l’arrivée mon mari serait là avec les enfants et elle était là ma récompense.

Alors une arrivée au pied de la tour Eiffel ça fait super plaisir, je pleurais car j’étais fière de moi, fière d’avoir réussi à finir dans ces conditions dantesques – autour de moi plein de coureurs arrivaient avec leur couverture de survie, je n’y avais même pas pensé – fière du regard de ma famille lorsque je suis arrivée.  Et mon fils, toujours un bon mot : ben dis donc t’avais du retard …

Une fois l’arrivée passée , 4h de course dans les pattes, un changement rapide en vêtements propres et secs, j’ai pris conscience de ce que j’avais accompli : ce sentiment de plénitude, de dépassement de soi, de gratitude, et un peu plus tard la question :

c’est quoi la suite ?

 

ecotrail Finisher running 30km depassement de soi

 

“Si tu veux courir, cours un kilomètre,

si tu veux changer de vie, cours un marathon”

– Emile Zatopek –

 

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2 Commentaires

  1. Nadège

    Quelle belle expérience ! J’ai toujours été attirée par la course à pied, mais je n’arrive pas à dépasser le stade des 4-5 kilomètres. Il faut dire que je manque cruellement d’entraînement!
    Mais cette sensation de dépassement de soi est tellement enrichissante et galvanisante !! J’adore !

    Réponse
    • caroline

      lorsque j’ai commencé à courir, ok, ça date, je n’avais rien pur mesurer combien de km je parcourais, je faisais des tours de pâté de maisons, peut-être 30 minutes.
      L’important est la régularité.
      Et puis un jour, tu as envie de te dépasser et pour cela, tu commences à mesurer … et à aller un peu plus loin. J’étais super fière de mon premier 10km ! et je suis devenue accro en effet à cette sensation de dépassement de soi !

      Réponse

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2 Commentaires

  1. Nadège

    Quelle belle expérience ! J’ai toujours été attirée par la course à pied, mais je n’arrive pas à dépasser le stade des 4-5 kilomètres. Il faut dire que je manque cruellement d’entraînement!
    Mais cette sensation de dépassement de soi est tellement enrichissante et galvanisante !! J’adore !

    Réponse
    • caroline

      lorsque j’ai commencé à courir, ok, ça date, je n’avais rien pur mesurer combien de km je parcourais, je faisais des tours de pâté de maisons, peut-être 30 minutes.
      L’important est la régularité.
      Et puis un jour, tu as envie de te dépasser et pour cela, tu commences à mesurer … et à aller un peu plus loin. J’étais super fière de mon premier 10km ! et je suis devenue accro en effet à cette sensation de dépassement de soi !

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